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Devoir 1C – Articles de journaux 1
Devoir 1C – Articles de journaux
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Hubert Reeves, écolo planétaire Benoît Hopkin Le Monde, Le Monde des livres, 30 mai 2003 L’astrophysicien pour un « droit d’ingérence écologique » Astrophysicien par passion, « habitant de la Terre » par obligation et « citoyen du monde » par conviction, Hubert Reeves a détourné, depuis quelque temps, son regard des émerveillements du cosmos pour jeter un œil sur l’état de notre planète. Le constat est sombre. Dans Mal de Terre, il détaille, dans une longue conversation avec le sociologue Frédéric Lenoir, les tares qui défigurent désormais notre environnement. Réchauffement climatique, gaspillage énergétique, pollution, atteinte à la biodiversité : la plupart des thèmes chers aux écologistes y sont abordés. Par ses bévues, prévient-il, l’homme est en train de faire entrer la planète dans une nouvelle période d’extinction, la sixième, qui pourrait bien l’emporter lui-même. L’auteur s’insurge contre la faim, le sous-développement et les injustices, tout en réfutant la fatalité, estimant, dans les pas d’Edgar Morin et d’autres, que l’écologie n’est pas seulement une aspiration à la préservation de la nature, mais aussi une manière de combattre les inégalités d’un monde artificiel. Il emprunte à Paul Ricoeur la conviction que la responsabilité ne se décline pas seulement par rapport au passé, mais également par rapport au futur. Enfin, au-delà de ses pessimismes, l’auteur garde foi dans l’intelligence et en appelle à un « droit d’ingérence écologique ». Un talent de vulgarisateur Dans ce Mal de Terre, les spécialistes ne verront peut-être que du déjà-vu. Les autres retrouveront avec plaisir cet enthousiasme, cette joie de la culture et ce talent pour vulgariser et ordonner la connaissance. Le principe de précaution, un des pivots complexes de la pensée écologique, devient ainsi limpide, une fois expliqué par l’astrophysicien. Les rapports trapus des scientifiques de l’ONU sur le réchauffement climatique s’éclairent également. Depuis les disparitions de René Dumont, de Théodore Monod et de Jacques-Yves Cousteau, Hubert Reeves, comme Nicolas Hulot, tente de reprendre leur entreprise d’éducation et d’alerte du plus grand nombre. Il accepte d’assumer la prise de risques que comportent toute tentative de simplification, tout usage d’images ou de comparaisons. Plus sec, plus pointu, plus surprenant aussi, Histoire du climat, de Pascal Acot, arrive à la même conclusion qu’Hubert Reeves. « Les êtres humains compromettent désormais les conditions dans lesquelles les générations futures pourraient être appelées à vivre », écrit-il. Cet historien des sciences, déjà auteur d’une Histoire de l’écologie remarquée, décrit les hauts et les bas du thermomètre depuis les quelque 4,6 milliards d’années d’existence de la Terre. Il relate les incidences de ces sautes de température et d’humeur de notre planète sur le développement de la vie et raconte comment l’homme s’est adapté à ce yo-yo, avant d’essayer aujourd’hui d’en comprendre les raisons. Au terme d’un impressionnant travail d’érudition, l’historien s’engage dans sa conclusion. « Nous savons que les sociétés humaines sont susceptibles de provoquer des modifications dramatiques du climat de la Terre », assure-t-il, en dénonçant également l’apathie générale devant ce défi. Mais comme Hubert Reeves, le sociologue veut encore croire en l’avenir et « parier qu’il n’est pas trop tard » pour agir. |
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Sauver la conscience Louis-Gilles Francoeur Le Devoir, Livres, p. F6, 14 juin 2003 Depuis Patience dans l’azur, on savait qu’Hubert Reeves logeait à l’enseigne des étoiles sur des horizons qui s’allongent en milliards d’années. Avec Mal de Terre, il utilise cette vision cosmique pour mieux faire saisir les enjeux du prochain siècle en donnant un sens renouvelé à la mobilisation environnementale planétaire. « Nous savons maintenant, écrit-il en épilogue à cet impitoyable portrait de l’aveuglement humain, que nous nous inscrivons dans une histoire qui s’étend sur quinze milliards d’années, que notre présence implique l’existence antérieure d’innombrables étoiles fabricatrices d’atomes et de galaxies fabricatrices d’étoiles. » Aux humains présents aujourd’hui dans la grande cohorte de la vie, Reeves assigne la responsabilité de préserver « la conscience et l’intelligence » sur notre planète, de faire la démonstration de la viabilité de notre espèce. « Cette complexité croissante que nous percevons tout au long de l’histoire de l’univers est-elle viable? Quinze milliards d’années d’évolution pour l’avènement d’un être capable de découvrir l’origine de l’univers dont il est issu, de déchiffrer le comportement des atomes et des galaxies, d’explorer le système solaire, de mettre à son service les forces de la nature, mais incapable de se mobiliser pour empêcher sa propre élimination! Voilà en résumé le drame auquel nous sommes confrontés aujourd’hui », écrit Reeves. Mal de Terre n’est cependant pas une envolée philosophique mais d’abord et avant tout un survol des dommages infligés à notre planète et des scénarios de survie qui l’attendent si les humains dérèglent de façon irréversible le thermostat de leur planète. De tous les maux qui affligent la Terre depuis le début de l’ère industrielle, écrit Reeves, le réchauffement du climat en raison de notre usage irresponsable des hydrocarbures est de loin le pire, selon Hubert Reeves, puisqu’il pose carrément la question de la survie de la race humaine. Trois scénarios « catastrophe » sont possibles : le « désert » en cas de réchauffement intense (plus de 10-15 °C) auquel quelques riches pourront survivre. Le scénario « Geyser », beaucoup plus chaud (plus de 70 °C) mais qui permettra aux organismes vivants les plus résistants de la planète (les bactéries, les unicellulaires) de passer au travers. Le compteur repartirait à zéro, comme il y a quatre milliards d’années! Puis le scénario Vénus avec une augmentation des températures au-dessus de 100 °C. Peu probable, dit l’astrophysicien. Mais plausible et mortel pour tout. Fin de la vie. Mais comment freiner le fléau annoncé? C’est ici que le livre prend tout son intérêt car Reeves, avec l’œil froid du scientifique, déboulonne quelques statues en disant du nucléaire qu’il nous donnerait un répit d’une centaine d’années malgré les problèmes de stockage pour l’instant insolubles. Reste les énergies renouvelables dont les politiques reculent l’avènement par manque d’audace et d’opportunisme. En effet, si les technologies offrent des débuts de solutions, les principaux problèmes viendront encore du côté des humains... Encore! Certains ne voudront pas vivre à côté des éoliennes. D’autres s’opposent aux barrages. Et les politiciens ont la fâcheuse tendance d’écarter les solutions de long terme parce qu’il faudrait faire des gestes impopulaires durant leurs mandats, les œillères de la démocratie qui empêchent de voir large et loin... C’est dans la mobilisation planétaire autour des enjeux sur l’environnement, une première dans l’histoire d’une humanité qui essaie pour la première fois de se prendre globalement en charge, qu’Hubert Reeves voit poindre quelque espoir. Personne, dit-il, ne s’est inquiété dans le passé de la disparition des forêts méditerranéennes ou des grandes espèces vivantes aujourd’hui disparues. Mais ce n’est plus le cas et la perception des humains évolue vers une vision organique de leur planète, une vision qui changera le sens de l’histoire ou qui signera la condamnation d’une humanité incapable de survivre à ses appétits primaires. Un livre généreux par sa vision mais impitoyable par l’image qu’il renvoie à travers ce miroir cosmique fascinant. |
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Principes et procédés de la communication 601-FPC-FD (60.2)